"Euthanasie: l’exemple belge": où est le débat?

Publié le par Carole Gouyé

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Par Christophe de Galzain le 02 mai 2014 http://www.notretemps.com/famille/euthanasie-l-exemple-belge,i58804

Je tiens à vous faire connaître le commentaire d’une militante de longue date Claudette

« Je viens de lire votre article et je vous en remercie. Apparaissant dans ce reportage, je me permets de vous répondre en espérant que votre modérateur fera passer mon commentaire.

J'habite à quelques km de la Belgique et si je reçois les demandes d'aide de malades Français qui veulent aller mourir en Belgique, c'est parce que la loi française actuelle ne leur permet pas de partir comme ils le souhaitent en France

Vous dites : "Ils ont trouvé pour seule issue d'en finir avec la vie". Oui, parce que parfois, c'est la seule issue qui reste à celui qui termine sa vie, continuer de souffrir ou décider de partir avant la totale déchéance. Cette déchéance est propre à chacun d'entre-nous et pour moi, ce n'est pas à une tierce personne qu'il appartient de juger de mon ressenti en la matière.

Parlant "du peu de place que ces situations laissent à la réflexion", c'est pour le moins ne pas dire la vérité. ça fait 34 ans que l'on parle de ce sujet en France, 34 ans qu'une association réclame le droit de pouvoir choisir sa mort. ça fait 12 ans que la loi a été votée en Belgique et qu'elle est appliquée donc, non, on ne peut pas dire que tout n'a pas été dit et qu'on n'a pas réfléchi sur ce sujet. La conclusion est qu'on pourrait encore en parler pendant des décennies que ça ne ferait plus avancer le débat. Les irréductibles opposants trouvent toujours une bonne raison pour empêcher les personnes favorables à cette loi de liberté de la faire voter.

Cette loi, ce n'est pas une loi "d'obligation", c'est une loi de "liberté" une liberté supplémentaire pour celui qui termine sa vie de pouvoir partir comme il le souhaite. Si des malades ne veulent pas qu'on les aide à mourir, ils ne le seront pas, la loi est là pour poser des jalons et faire en sorte qu'il n'y ait pas de dérives.

C'est maintenant, sans une loi stricte, que toutes les dérives sont permises. Vous savez très bien que tous les jours, dans tous les hôpitaux de France, des médecins débranchent des malades en fin de vie et parfois même sans rien demander à personne, ni au malade lui-même, ni à la famille. Ce sont des euthanasies clandestines dont on ne peut se contenter.

De qui doit-on prendre l'avis en premier lieu ? du malade lui-même ou de son entourage qui ne serait pas d'accord ? Il me semble que c'est au malade lui-même de décider parce que c'est lui qui subit les souffrances, les traitements et parfois la déchéance, ce n'est pas celui qui lui tient la main !

Cette loi n 'oblige personne. Le médecin peut évoquer une clause de conscience et ne pas pratiquer le geste euthanasique, les proches ne sont pas obligés d'assister à l'acte lui-même et il en est de même du personnel soignant, infirmiers ou aides-soignants.

Il ne faut pas que les bien-portants parlent à la place des malades et c'est un peu ce que vous faites quand vous dites que l'accord dépend du médecin. Évidemment, qui d'autre que le médecin qui suit le malade le connait le mieux et connait sa maladie ? Si le malade demande une euthanasie, seul le médecin qui le soigne est le mieux à même de décider si sa demande est recevable ou pas. Une question que je vous pose : "à qui faudrait-il demander si ce n 'est au médecin " ?

Douleurs psychiques... Mon amie s'est pendue après plusieurs séjours en hôpitaux psychiatriques... Les médecins disaient bien qu'ils ne pouvaient plus rien faire pour elle, elle voulait partir pourtant et après 2 tentatives de suicide par inhalation des gaz de sa voiture, elle a fini par se pendre ! croyez-vous que ce soit mieux qu'une euthanasie qu'elle réclamait depuis longtemps ? Ma réponse est non ! toutes les douleurs physiques ne sont pas apaisables et toutes les douleurs psychiques ne sont pas soignables non plus ! Il faut arrêter de se cacher la face et de croire qu'on peut empêcher tout le monde de mourir ! la médecine a ses limites et quand elles sont atteintes, il est bien plus humain de répondre à la demande des malades, de les aider à partir dignement et comme elles le souhaitent. ça aussi, c'est aider son prochain ! si on ne l'aide pas dans ce moment ultime et douloureux de sa vie, un croyant faillit à un commandement de Dieu "tu aideras ton prochain" Donner la mort douce à quelqu'un, (origine du mot euthanasie) ce n'est pas le tuer, c'est accomplir un acte charitable et lui apporter l'aide qu'il réclame.

Ceux dont la demande est refusée n'entrent pas dans le cadre de la loi donc ne sont pas en mesure de recevoir une aide pour mourir. Cela veut dire qu'on peut encore faire quelque chose pour eux, qu'on peut encore tenter de les soigner et peut-être de les guérir. Comme pour chaque loi, il y a des cas qui seront à la limite entre une situation et une autre mais aucune loi quelle qu'elle soit ne pourra jamais contenter 100 % des cas, c'est impossible mais au moins, elle répond efficacement au plus grand nombre des demandes.

Vous parlez de la jeune qui a accompagné sa grand-mère et de nouveau, vous remettez en doute la volonté de sa grand-mère ! C'est sa grand-mère qui a demandé une euthanasie, ce n'est pas sa petite-fille et si tel était le désir de la grand-mère, tant mieux que sa petite-fille ait pu l'accompagner sans qu'elle ait à subir les souffrances qui sont parfois intolérables et inapaisables, je le redis, à moins qu'on augmente des doses de morphine qui de toutes façons feront mourir le malade mais pas en 4/5 minutes comme c'est le cas lors d'une injection létale, mais en plusieurs heures, voir plusieurs jours ! souffrances inutiles pour tout le monde, le malade et son entourage !

La loi Léonetti actuelle ne répond pas à toutes les demandes et les médecins ont peur de l'appliquer de peur d'être poursuivis pour avoir fait une euthanasie ! Comment expliquer que cette loi, votée en 2005 donc ça fait 9 ans, pose encore autant de problèmes à tout le monde, malades et médecins compris ? C'est que c'est une mauvaise loi que personne ne s'est appropriée et il serait temps qu'enfin, nous ayons en France la même loi qu'en Belgique ! elle a fait ses preuves depuis 12 ans et les Belges ne veulent pas revenir en arrière, au contraire, ils vont de l'avant en permettant à des enfants atteints de maladies incurables et en souffrances atroces de pouvoir partir aussi. Qui peut croire qu'un père ou une mère accepterait de voir partir son enfant s'il lui restait un infime espoir de le sauver ?

Soyons réalistes ! la vie a une fin et faisons en sorte que cette fin soit la plus douce possible et réponde à la demande des principaux concernés, c'est à dire, les malades ! »

L’article : Un documentaire sur l’euthanasie, dépénalisée en Belgique, réunit les témoignages émouvants de patients et de leurs médecins. Mais bien des questions restent en suspens…

Jean, 64 ans, apprend qu’il est atteint d’un cancer du poumon incurable: son médecin lui donne six mois à vivre. Anastasia, suite à un accident de cheval, est paralysée et souffre en permanence de douleurs osseuses: aucun traitement à la morphine ne suffit à la soulager. Marie-José est en fin de vie dans un service hospitalier. Tous trois ont demandé l’euthanasie à leur médecin et l'ont obtenu, répondant aux critères exigés par la loi en vigueur en Belgique depuis 2002.

Les auteurs du documentaire interrogent les médecins chargés de donner leur accord et d'accompagner les patients jusqu'au bout. Ils assument, disent délivrer ainsi le "dernier soin", même si l’un d’eux, le Dr de Locht confie : "C’est l’un des gestes les plus violents pour un médecin. (…) C’est quand même donner la mort." Un autre conclut le documentaire en parlant d'une "avancée dans le traitement de la souffrance humaine".

Ces hommes, ces femmes, aujourd'hui décédés donc, ont donné un témoignage très émouvant: impossible de rester insensible à leur grande sincérité. Confrontées à l’impasse, à l’usure de la souffrance ou parce qu’ils savent leur fin proche, ils ont trouvé pour seul issue d'en finir avec la vie. Et ceci, en accord avec la loi de leur pays. Une délivrance pour Anastasia qui ne pouvait pas envisager le suicide: "Ce serait sortir de la société".

Filmés avec pudeur, ces témoignages laissent malheureusement peu de place à la réflexion que mérite un tel sujet. Car tout semble si bien se passer, du premier entretien à l’heure ultime -autant pour les patients que pour l’entourage et les soignants- qu’on en vient à se demander pourquoi la légalisation de l'euthanasie fait débat. Les membres de l'entourage, par exemple, expriment leur "chance" et leur "fierté" d'avoir un proche qui fait le choix de l'euthanasie. Mais qu'en est-il de ceux qui vivent mal cette décision? On ne les entend pas.

De nombreuses questions sont aussi à peine effleurées. Quand un médecin se demande "qui peut juger de la souffrance, sinon la personne", qu’en est-il de son rôle puisque l’accord dépend bien de lui en dernier ressort? Comment évalue-t-il le caractère insupportable de cette souffrance? Comment juge-t-on que tout a été fait pour soulager des souffrances, notamment psychiques? Et aussi, que deviennent ceux dont la demande est refusée...

Une femme témoigne des derniers moments de sa grand-mère. La voix off la présente en disant combien cette expérience a été "enrichissante" pour elle. Entourer une personne qui meurt de manière naturelle ne pourrait-il pas l'être aussi?

Profitons de cette page pour vous entendre sur le sujet: opinions diverses, témoignages pourquoi pas contradictoires... Place à vos commentaires pour qu'il y ait débat.

Sur France 5. Dimanche 4 mai à 20h. Durée: 30mn.

Réalisation: Géraldine Laura

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Lietaer 04/05/2014 14:49

Beaucoup parlent et pensent a la souffrance que l'on peut ou pas accepter, c'est une chose , mais mon principal refus est de faire souffrir mon entourage s'ils me voyaient dans un état pitoyable des jours durant , je n'accepte pas cela , je ne veux pas être une charge ni pour ma famille ni pour la siociete