Vivre et mourir libre

Publié le par Carole Gouyé

Vivre et mourir libre

Sans le respect de mon libre choix il n’y a pas de vie et de mort sereines

Il n’y a pas de fin de vie indigne. C’est la façon dont cela se passe parfois qui est indigne. C’est refuser de respecter la volonté d’autrui qui est indigne.

Il faut une loi qui autorise chacun, en conscience, à maîtriser son propre parcours de fin de vie.

Rien de doit être décidé sans l’avis, l’accord de la personne.

 

La vie m’a été donnée. Elle m’appartient. Et ma fin de vie c’est encore ma vie.

Ma vie n’appartient ni aux médecins, ni à l’hôpital, ni à l’État, ni à un être suprême – dieu ou diable.

Nul n’a le droit, sous prétexte que je suis affaiblie par la maladie, par l’âge,  de me mettre sous tutelle.

En fin de vie je refuse qu’on me traite comme un esclave - « personne qui n'est pas de condition libre et se trouve sous la dépendance absolue d'un maître dont elle est la propriété ».

 

Refuser de respecter la volonté d’autrui c’est lui dire « tu m’appartiens, j’ai le pouvoir de vie et de mort sur toi, et je te refuse la mort que tu me demandes même si j’ai le savoir pour te l’octroyer».

Primum non nocere. locution latine qui signifie : « d'abord, ne pas nuire ». C'est un des principaux préceptes appris aux étudiants en médecine.

Ne pas nuire à nos convictions, ne pas nuire à notre volonté. Ne pas nuire à notre ultime volonté.

Ne pas respecter mon choix. C’est me nuire. C’est me manquer de respect.

Dans le serment il n’est nullement indiqué que le médecin doit me  maintenir  en vie contre ma volonté. Il n’est nullement dit que la seule décision sera celle du médecin. Il est nullement dit que ma vie appartient au médecin.

 

Dans aucune ligne du Serment, il n’est précisé  « je les maintiendrai en vie contre leur volonté » ou « la seule décision sera la mienne car ils m’appartiendront »!

Les médecins promettent de « respecter notre volonté… nos convictions… et d’intervenir lorsque notre intégrité ou notre dignité sera menacée ».

Nous sommes tous experts de notre propre vie.

 

oui, notre corps nous appartient ! oui à la vie, non à la survie

Vivre est un droit Pas une obligation

L’accès aux soins palliatifs est un droit Par une obligation

La demande d’euthanasie est un droit. Pas une obligation

 

Sans une loi qui m’assure que je serai respectée dans mes choix

Sans une loi qui interdise à quiconque de m’imposer ses choix. Choix clairement exprimés par des directives anticipées ou non, j’appréhenderai ma fin de vie.

Et cette peur pourrait m’inciter à anticiper. Seule. Mal.

Cette loi me permettrai d’accepter de lutter jusqu’au bout du bout. C’est une loi d’espoir.

Refuser cette loi d’espoir. C’est m’obliger - maintenant - à prendre des dispositions prématurées.

Et pourquoi vouloir inventer la roue ? Il y a déjà une loi qui protège. Qui encadre. Qui respecte

La loi Belge sur la fin de vie

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