L'Assemblée lance une consultation citoyenne sur la fin de vie : merci M. Bartolone

Publié le par Carole Gouyé

L'Assemblée lance une consultation citoyenne sur la fin de vie : merci M. Bartolone

Par Daniel Carré et Philippe Bataille  Militant et sociologue

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LE PLUS. Claude Bartolone, a lancé une consultation citoyenne sur la fin de vie. Jusqu'au 16 février, les Français peuvent apporter leur contribution à la proposition de loi d'Alain Claeys et de Jean Leonetti sur internet. Une concertation nécessaire, pour Daniel Carré, de l'ADMD, le sociologue Philippe Bataille, et Gérard Lévy, professeur des universités honoraire, qui co-signent ce texte.

La proposition de Claude Bartolone d’organiser une consultation citoyenne sur la fin de vie avec internet constitue une initiative politique majeure. Seuls les experts se sont exprimés dans les commissions successives et dans les médias. Cette consultation permettra une expression directe de tous.

 Les patients sont trop peu écoutés par les institutions

 Dans leur proposition de loi, Alain Claeys et Jean Leonetti affirment la primauté de l’expression de la volonté de la personne confrontée à sa propre mort. Elle répète un droit que la loi Kouchner du 4 mars 2002 avait déjà accordé. Un rappel d’autant plus nécessaire que la voix du patient est trop peu écoutée dans les institutions où 70% d’entre nous mourrons. Il n’y a plus de mort naturelle, mais une vie trop souvent prolongée de manière déraisonnable par des soignants qui croient ainsi bien faire, alors qu’ils apportent un supplément de souffrances inutiles et dégradantes.

 L'acceptation consciente de la maladie et de la mort font partie de la grandeur de la condition humaine. Les plus ouverts des soignants doivent accepter de ne pas s'obstiner à vaincre la mort à n'importe quel prix. Les plus modestes et les meilleurs des médecins admettent qu’ils sont à nos côtés pour assister les plus malades et les accompagner sans prétendre leur apporter le salut, surtout lorsque la mort approche.

 Dans ce contexte, la concertation démocratique est parfaitement fondée et légitime.

 Le choix de fin de vie de chacun doit être respecté

 Beaucoup d’angoisses disparaîtraient si les Français savaient que leur choix de fin de vie, quel qu’il soit, sera pris en compte. Leur volonté doit être respectée le jour où ils sont dans une impasse thérapeutique, que leur décision soit de s’en remettre au destin et d’affronter l’agonie ou de choisir le moment et la manière de leur mort, s’ils refusent de vivre les jours annoncés d’une souffrance impitoyablement croissante.

 Certes la sédation profonde et prolongée est une anesthésie qui calmera les douleurs de l’agonie. Mais, plutôt que d’être endormis à l’hôpital sans réveil possible, certains peuvent préférer l’aide à mourir chez eux, par euthanasie ou suicide assisté, entourés de ceux qui les aiment et qui les ont accompagnés jusqu’au bout.

 Dans tous les cas, les Français veulent savoir que leur médecin provoquera, à leur demande, une interruption volontaire de vie. Ils réclament le droit à un ultime soin irréversible, strictement encadré par la loi, ce que confirment moult sondages.

 La transgression que représente aux yeux de quelques-uns l’aide à mourir n’est pourtant qu’une conséquence de l’évolution de la puissance et de l’efficacité des techniques médicales. Celui qui va mourir et qui en a une forte conscience souhaite avant tout être écouté, accompagné et entouré avec compassion et douceur par le médecin, l’équipe soignante et les proches aimés. Et pour ceux qui le réclament, jusqu’au jour et à l’heure choisie par eux de la mort opportune.

 Un mouvement social éthique et démocratique apparaît 

 Un mouvement social émerge. Il est éthique et démocratique. Le conflit qui en naît porte sur la loi, en suscitant la manifestation inévitable de ceux déjà connus dans le  pays qui s’opposent radicalement à la moindre adaptation du droit aux réalités de la mort à l’hôpital.

 Pourtant, les médecins, les équipes soignantes, les malades et leurs proches, tous sont en très grandes difficultés devant l’impasse légale d’accompagner dignement les désespérés, les mourants et les agonisants.

 La force du mouvement social apparaît dans les émotions partagées à l’occasion des terribles affaires qui concernent la mort ordinaire à l’hôpital par décision médicale. 

 À l’échelle de la société et de la citoyenneté aujourd’hui le consensus est d’encadrer rigoureusement l’aide active à mourir et d’admettre l’ampleur des pratiques jusqu’à leur clandestinité et leur secret qui dissimulent de nouvelles inégalités insupportables face à la mort. La protection des plus faibles tient à la production d’une loi nouvelle, comme le fut en son temps celle sur l’interruption volontaire de grossesse.

 Lecteurs de cette chronique, le président de l’Assemblée nationale vous offre une opportunité exceptionnelle pour directement exprimer votre position : approuvez ou désapprouvez nos propos, commentez les articles de la proposition de loi Claeys Leonetti et surtout décrivez aux parlementaires votre propre expérience humaine et sociale en la matière en soulignant combien peut être douloureuse et difficile la mort d’un proche tant aimé.

 Consultation citoyenne ici : http://bit.ly/1z53JyE

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