4 à 5 euthanasies chaque jour en Belgique

Publié le par Carole Gouyé

4 à 5 euthanasies chaque jour en Belgique

Annick Hovine Publié le mercredi 27 août 2014 à 13h58 - Mis à jour le mercredi 27 août 2014 à 14h15

Belgique

Pendant les années 2012 et 2013, 3239 euthanasies ont été déclarées à la Commission fédérale de contrôle et d’évaluation, ce qui correspond à une moyenne de 1619 morts demandées et accordées par an, soit 135 par mois ou encore 4 à 5 par jour, ressort-il du sixième rapport qui vient d’être adressé au Parlement.

Depuis l’entrée en vigueur de la loi du 28 mai 2002 dépénalisant l’euthanasie sous conditions, l’augmentation du nombre d’euthanasies déclarées est régulière de rapport en rapport, mais elle “tend à s’accentuer nettement depuis 2011”, relève la Commission. On avait en effet enregistré 2086 euthanasies en 2010-2011, soit 87 par mois ou près de 3 par jour.

Cette croissance marquée s’explique “vraisemblablement” par la diffusion progressive de l’information relative aux décisions en fin de vie auprès du public et du monde médical, avance la Commission.

Un cancer dans 73 % des cas

Les affections à l’origine des euthanasies ont toutes été, comme l’exige la loi, incurables et graves, sans issue médicale possible, précise le rapport. Dans tous les dossiers connus par la Commission, la loi a été scrupuleusement respectée; aucune déclaration n’a été transmise à la justice.

Il s’agit, dans la très large majorité des cas (73 %) de cancers généralisés ou gravement mutilants : tumeurs malignes, leucémies, myélomes… Avant de demander d’en finir, la plupart des patients avaient subi de multiples traitements à visée curative et/ou palliative.

Second diagnostic, en termes de fréquence, pour lequel les malades adressent une demande d’euthanasie : les affections neuromusculaires évolutives (sclérose en plaques, sclérose latérale amyotropique, maladie de Parkinson…).

Des affections neuropsychiatriques (maladie d’Alzheimer, maladie de Huntignton, démences vasculaires, psychoses irréductibles, etc.) ont été à l’origine de 4 % des euthanasies, lit-on encore dans le rapport.

Dans 5 % des cas (166 euthanasies), la gravité de l’état pathologique et les souffrances résultaient de la coexistence de plusieurs pathologies incurables. Le nombre de ces cas est nettement plus élevé qu’en 2010-2011, note la Commission. Pourquoi ? Il est vraisemblable que cette augmentation est à mettre en relation avec la proportion plus élevée que précédemment de patients octogénaires, selon la Commission.

Plus nombreux au-delà de 79 ans

La grande majorité des euthanasies sont pratiquées chez des patients d’âge moyen (entre 40 et 79 ans, ce qui correspond à la fréquence élevée des décès par cancer dans ce groupe d’âge). Avant 40 ans, on n’a enregistré que 46 euthanasies et… 0 en dessous de 20 ans.

Mais on constate une proportion plus élevée que dans le rapport 2010-2011 (qui relevait pourtant déjà une augmentation) des euthanasies pratiquées chez des patients âgés de plus de 79 ans : ils représentent désormais un tiers des euthanasies déclarées (26 % pour les 80-89 ans et 7 % pour les 90-99 ans).

Autre constat (le pourcentage reste stable) : les euthanasies pratiquées en présence d’affections n’entraînant pas le décès à brève échéance sont relativement rares (13 %) : elles concernent essentiellement des affections neuromusculaires évolutives mortelles avec tétraplégies ou paralysies graves multiples ainsi que des affections neuropsychiques et multiples.

En douce..

Mais ce rapport reflète-t-il le nombre d’euthanasies réellement pratiquées en Belgique ? La Commission n’a évidemment pas les moyens de connaître le nombre d’euthanasies qui se font “en douce”, sans être déclarées comme l’exige la loi, ce qui ne permet évidemment pas de mesurer le nombre d’actes définitifs posés dans l’illégalité, ni si ces euthanasies non déclarées respectent les conditions posées par la loi.

On doit aussi relever que dans ce rapport, comme dans les précédents, 80 % des déclarations ont été rédigées en néerlandais et 20 % en français, sans que cette disproportion, très marquée, n’ait jamais fait l’objet d’une étude transversale qui pourrait en expliquer les raisons.

Notons enfin que l’utilisation, en fin de vie, de drogues diverses non létales ou dont la nature létale est douteuse (en particulier les morphiniques), dans le but de combattre la souffrance n’est pas une euthanasie au sens de la loi, même si elle peut hâter le décès.

http://www.lalibre.be/actu/belgique/4-a-5-euthanasies-chaque-jour-en-belgique-53fdc7cd357030e6103b383e

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