Qui sommes-nous pour décider à la place de quelqu’un ? La vie, la mort ne regarde que nous même.

Publié le par Carole Gouyé

Fin de vie, à quand une preuve d’humanisme ?

Publié par : OR JEUNES 24 juin 2014 dans Société / Social Laisser un commentaire

Suite à la décision du Conseil d’Etat dans l’affaire Vincent Lambert, nous vous faisons redécouvrir cet article écrit par Florent Pedrajas et Quentin Paillé le 17/12/2013

Qui sommes-nous pour décider à la place de quelqu’un ? La vie, la mort ne regarde que nous même. Personne n’a le droit de décider que l’on doit vivre si l’on veut mourir. Cela s’appelle la liberté. Alors que faut-il ? Se suicider seul chez soi, faire cela salement, et attendre que l’un de nos proche nous découvre pendu, ou alors la tête explosée parce que l’on s’est flingué, étendu sur le lit parce que l’on a pris trop de médicaments ? Ou alors vaut-il mieux que l’on décide de faire cela dignement, dans une chambre d’hôpital ou chez soi avec l’aide d’un médecin ? La réponse paraît évidente. Oui à l’euthanasie, oui au droit à partir dans la dignité.

Souvenez-vous de Vincent Humbert, tétraplégique, aveugle et muet. Il avait décidé de partir. Il l’avait décidé en son âme et conscience. Il avait écrit au président de la République de l’époque, Jacques Chirac. Ce droit lui avait été refusé. Mais que représente un président de la République dans la souffrance ? Même la plus haute autorité de l’État n’est rien, absolument rien dans la souffrance. De quel droit Jacques Chirac a-t-il refusé la supplique de Vincent Humbert ? Qui était-il pour décider à sa place ?

Aujourd’hui nous voyons des personnes à qui on refuse une aide pour partir dans la dignité. On enlève le droit, la liberté la plus élémentaire de disposer de son corps selon son désir à des malades qui ne peuvent s’en sortir. On préfère mettre en place des soins palliatifs, sorte de mouroir où est pratiqué l’acharnement thérapeutique et où les proches du malade assistent tout doucement à une mort à petit feu. C’est pourquoi on doit permettre aux malades de partir quand ils le veulent s’ils le désirent. Ça doit être un droit que de pouvoir partir de manière apaisée et sans souffrance pour le malade. Oui il existe le droit d’arrêter les traitements, mais la mort arrive avec lenteur, elle met du temps, la personnes souffre, ses proches également. C’est un supplice, une hypocrisie. Comme ce jeune homme que son père découvre pendu dans le garage. Il passera 6 ans dans le coma. Ses parents décident d’arrêter les soins. Il mettra 6 jours à mourir.

Ce débat pose également la question de la vision que nous avons de la vie. La vie est-elle un cadeau précieux qui doit être vécu de A à Z malgré toutes ses difficultés ? Ou est-elle juste une chance qui doit être utilisée jusqu’à son épuisement tel un joueur qui gratte tant qu’il gagne puis arrête au ticket perdant ? Ce sont deux visions complètement différentes : l’une est issue de la religion quand l’autre est le résultat du désenchantement du monde. Depuis la nuit des temps, on a essayé de comprendre la mort, de la battre. L’homme a peur de la mort. Rien n’est plus terrible quand on atteint une certaine maturité d’apprendre que du jour au lendemain tout s’arrêtera. Mais rien n’est plus beau que de pouvoir décider quand cette chance est épuisée. Ce droit est une chance pour toutes les personnes malades de partir dignement. Ce droit est une chance pour tous les enfants qui voient leurs grands-parents souffrir et perdre leurs réflexes jour après jour ou pire encore quand ce sont leurs parents qui sont touchés. Ce droit est une chance pour pouvoir dire stop et finalement remporter le combat contre la maladie un peu dans un jeu du « premier qui emportera l’autre ». Ce droit est finalement le plus humaniste que puisse faire un gouvernement.

Cette proposition est la principale du rapport rendu hier par une assemblée de citoyens sur la demande du comité d’éthique. Et on peut dire qu’avec 92% de Français favorables selon le dernier sondage, la France est prête à prendre ce chemin. C’est une question de morale qui ne devrait pas regarder le législateur. Chacun est libre de faire ce qu’il veut avec sa propre personne. Notre conscience nous appartient. Mais puisqu’en France tout passe par une loi, faisons un référendum, ayons un vrai débat sur le sujet. Votons, laissons les Français choisir librement et en leur âme et conscience.

C’est tout de même un comble que ce soient les partis dit « libéraux » qui soient contre et les partis plus dirigistes, étatistes qui soient pour. Comme quoi la droite française est plus conservatrice qu’elle ne le pense. La liberté c’est pourtant bien ce que prône l’UMP, c’est même le mot d’ordre de Jean-François Copé. Liberté au travail, liberté à l’école, liberté dans la fiscalité. Et l’individu ne serait pas libre quand il s’agirait de choisir, de décider pour sa propre personne ? Quelle hypocrisie !

Oui, nous avons aussi le droit de mourir si nous le souhaitons.

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